I Milesi dans les guerres

Rgt royal corse tambour 1740

Rappels historiques sur la conscription

Traditionnellement constituées de soldats professionnels qui faisaient métier de la guerre, les forces armées françaises ne se limitèrent cependant pas à cette voie de recrutement mais pratiquèrent également, durant les trois derniers siècles, le recours occasionnel ou permanent à des appelés qui vinrent grossir les rangs des troupes et amenèrent une pluralité de profils sous les drapeaux.

 

I) Sous l’Ancien Régime :

Bien que principalement constituée d’engagés volontaires, l’armée n’en connaissait pas moins un système de conscription partielle, par le biais des milices royales qui servaient de forces auxiliaires.

Dans le cadre de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), le règlement du Roi pour le service des milices pris le 29 novembre 1688 prévit que chaque paroisse fournisse à la milice un homme non marié âgé de 20 à 40 ans, pour un service de deux ans.

L’ordonnance du 15 décembre 1688 augmenta le nombre de miliciens dus par chaque paroisse, en le rendant proportionnel à celui de la quote-part de deux mille livres payée au titre de l’impôt sur la taille, et permit l’enrôlement d’hommes mariés.

D’abord choisis selon un système de pluralité des voix, l’ordonnance du 23 décembre 1691 instaura la désignation par tirage au sort.

Pour la Guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), l’ordonnance du 26 janvier 1701 assujettit à la milice les garçons non mariés de 22 à 40 ans, désignés par tirage au sort pour un service de deux ans.

L’ordonnance du 02 novembre 1702 organisa une nouvelle levée d’hommes âgés de moins de 35 ans, pour un service de trois années.

L’ordonnance du 30 octobre 1703 prévit l’enrôlement d’hommes de 18 à 40 ans, même mariés. Les enrôlements volontaires et les remplacements furent alors prohibés, comme les ordonnances de levée du 30 octobre 1704, du 15 octobre 1705, du 20 novembre 1706 et du 04 novembre 1707 le confirmèrent.

L’ordonnance du 15 novembre 1708 autorisa les paroisses à substituer à l’enrôlement du contingent qu’elles devaient, le paiement de 100 livres par recrue. Cette possibilité, abaissée à un prix de 75 livres, fut reprise par les ordonnances du 10 septembre 1709 et du 1er août 1710.

L’ordonnance du 20 janvier 1711 revint à l’interdiction du remplacement.

L’ordonnance du 1er août 1711 imposa aux provinces le recrutement de 16 800 hommes, pouvant être rachetés à 75 livres par recrue, disposition qui fut reprise par l’ordonnance du 1er août 1712.

Lors de la Guerre contre l’Espagne (1719), l’ordonnance du 15 janvier 1719 imposa une nouvelle levée d’hommes de 20 à 40 ans, par tirage au sort et sans possibilité de remplacement ou de rachat.

L’ordonnance du 25 février 1726 organisa une milice permanente, en temps de guerre comme de paix, de 60 000 hommes, composée de garçons de 16 à 40 ans ou, à défaut, d’hommes mariés depuis plus d’un an, tirés au sort dans les paroisses sans possibilité de remplacement, dans une persistance de recrutement provincial et pour un service de 4 ans.

 

II) A compter de la Révolution :

Par décret de la Constituante en date du 04 mars 1791, sanctionné par le Roi le 20 mars 1791, la milice fut supprimée.

Le décret adopté le 23 février 1793 par la Convention ordonna que tous les citoyens âgés de 18 à 40 ans fussent placés en état de réquisition permanente, jusqu’à ce que 300 000 hommes, répartis par département, fussent placés sous les drapeaux. Il fut alors prévu que, dans le cas où le nombre de volontaires ne suffisait pas à celui prévu pour chaque commune, les citoyens avaient l’obligation d’y remédier. Cette disposition fut complétée par l’appel de 300 000 gardes nationaux.

Le décret Barère du 23 août 1793 organisa la levée en masse, où tous les hommes de 18 à 25 ans célibataires ou veufs sans enfant étaient appelés sur la base d’un contingent départemental. Le tirage au sort permettait de sélectionner les recrues, lorsque le nombre d’hommes disponibles était supérieur à celui requis.

La loi Jourdan-Delbrel du 19 fructidor an VI (05 septembre 1798) relative au mode de formation de l’armée de terre établit la conscription universelle et obligatoire pour tous les hommes depuis l’âge de 20 ans jusqu’à celui de 25 ans révolus.

La loi du 28 germinal an VII (17 avril 1799) interdit le remplacement.

La loi du 17 ventôse an VIII (08 mars 1800) permit le remplacement des conscrits qui n’étaient pas en état de supporter les fatigues de la guerre.

La loi du 08 nivôse an XIII (29 décembre 1804) assouplit les dispositions de la loi Jourdan-Delbrel, par l’institution du Conseil de révision et le rétablissement du tirage au sort.

Le sénatus-consulte signé le 09 octobre 1813 par l’Impératrice-régente Marie-Louise autorisa la conscription des hommes de 18 ans.

La Charte constitutionnelle du 04 juin 1814 concédée par le Roi Louis XVIII, en son article 12, abolit la conscription.

La loi Gouvion-Saint-Cyr du 10 mars 1818 sur le recrutement de l’armée établit le principe de l’engagement volontaire, assorti néanmoins d’un contingent d’appelés répartis entre les départements, arrondissements et cantons proportionnellement à leur population. Ces appelés étaient constitués des hommes de 20 ans, tirés au sort, avec possibilité de remplacement, et devaient effectuer un service de six ans.

La loi du 09 juin 1824 porta de six à huit ans le service actif des appelés.

La loi Soult du 21 mars 1832 inversa le principe de la loi Gouvion-Saint-Cyr, en fondant le recrutement sur l’appel, toujours effectué par tirage au sort et avec possibilité de remplacement, pour une durée de service actif de sept ans.

La loi du 26 avril 1855 substitua une possibilité d’exonération par paiement d’une taxe à celle du remplacement des appelés.

La loi Niel du 1er février 1868 réduisit le service actif à cinq ans, en conservant le tirage au sort et rétablissant la possibilité de remplacement, ainsi que créa la Garde nationale mobile.

La loi du 27 juillet 1872 restaura le principe d’universalité, en postulant la possibilité pour tout Français âgé de 20 à 40 ans d’être appelé dans l’armée active. Le tirage au sort, ainsi que le système du remplacement étaient cependant conservés. La durée totale de l’obligation militaire était de 20 ans, dont 5 ans dans l’armée active, puis quatre ans dans la réserve de l’armée active, cinq ans dans l’armée territoriale et six ans dans la réserve de l’armée territoriale.

La loi du 15 juillet 1889 sur le recrutement de l’armée réduisit à trois ans le service dans l’armée active.

La loi du 21 mars 1905 mit fin au tirage au sort, en imposant un service militaire personnel et obligatoire, sans possibilité de dispense, pour deux ans dans l’armée active.

La loi du 07 août 1913 étendit de nouveau à trois ans le service dans l’armée active.

La loi du 1er avril 1923 abaissa le service actif à 18 mois.

La loi du 31 mars 1928 réduisit encore le service actif à 1 an.

La loi du 17 mars 1936 porta le service actif à 2 ans.

Le texte de l’armistice signé à Rethondes le 22 juin 1940 stipula, en son article 4, une démobilisation et un désarmement des forces militaires françaises, à l’exception des troupes nécessaires à l’ordre intérieur, qui entraina comme conséquence la suppression du service militaire.

La loi du 18 janvier 1941 institua un stage obligatoire de huit mois dans les chantiers de jeunesse. Cette disposition fut abrogée par l’autorité occupante le 10 juin 1944.

La loi du 07 octobre 1946 restaura un service militaire d’un an.

La loi du 30 novembre 1950 étendit la durée du service à 18 mois, qu’elle fit précéder d’un stage de 3 jours utiles à l’accomplissement de tests.

L’ordonnance du 07 janvier 1959 décomposa, en son article 26, le service national, en service militaire destiné à répondre aux besoins des armées et en service de défense destiné à satisfaire les besoins de la défense en personnel militaire.  L’ensemble des citoyens de sexe masculin, de 18 à 60 ans et dont la condition physique le permettait, était assujetti au service national

Le décret du 15 octobre 1963 ramena la durée du service actif à 16 mois.

La loi du 09 juillet 1965 réitéra la décomposition du service national en service militaire et service de défense faite par l’ordonnance de 1959, et rapporta l’obligation de service national à l’ensemble des citoyens français de sexe masculin, âgés de 18 à 50 ans, dont la condition physique le permet.

La loi du 09 juillet 1970 ramena la durée du service actif à un an et prévit l’appel entre 18 et 21 ans, sans possibilité de sursis.

La loi du 04 janvier 1992 abaissa la durée du service actif à dix mois.

La loi du 28 octobre 1997 suspend l’appel sous les drapeaux de tous les Français nés après le 31 décembre 1978.

Pour les Milesi

Habitant un village isolé au milieu des montagnes de l’Alta Rocca, certains des hommes nés à Mela furent tentés par le goût de l’aventure qui les amena sur différents fronts d’opérations, au cours de la tumultueuse Histoire militaire de la France.

Si les archives attestant de la participation des combattants, lors des époques où l’engagement volontaire restait la principale voie de recrutement, demeurent trop limitées pour pouvoir reconstituer facilement le parcours guerrier de ces hommes, celles qui retracent les périodes d’activité des appelés du contingent permettent davantage de faire revivre leur épopée.

Afin de ne pas dilater exagérément ces listes de vétérans, par l’adjonction des noms de tous ceux qui avaient un lien, même lointain, avec la commune, ce qui aurait par exemple eu pour effet d’y recenser nombre de militaires vivant dans les colonies, le choix a été fait de ne retenir comme critère objectif que celui de la naissance de l’individu à Mela, raison pour laquelle certains des noms inscrits sur le monument aux morts, pour lesquels aucune condition stricte de rattachement à l'endroit n'était prévu par la loi, ne figurent pas  sur ces relevés.

Ces listes, potentiellement incomplètes, pourront être rendues plus exhaustives par l'apport de tout renseignement sourcé que chaque visiteur de ce site sera en mesure de nous communiquer. Ces informations pourront autant permettre la précision des listes de participation aux six conflits déjà recensés, que l'éventuelle constitution de nouvelles se rapportant aux autres épisodes auxquels la France prit part depuis le rattachement de la Corse à sa souveraineté :

 

1778-1783 : Guerre d’indépendance américaine

1780-1784 : Deuxième guerre de Mysore (Inde)

1792-1815 : Guerres de la Révolution et de l’Empire

1823 : Expédition d’Espagne

1828-1833 : Expédition de Morée (Grèce)

1830-1857 : Conquête de l’Algérie

1831 : Combat du Tage (Portugal)

1831 : Campagne des Dix-Jours (Belgique)

1832 : Siège de la citadelle d’Anvers (Belgique)

1832-1838 : Expédition d’Ancône (Etats pontificaux)

1838-1839 : Guerre des Pâtisseries (Mexique)

1838-1840 : Blocus de Buenos Aires (Argentine)

1844-1846 : Guerre franco-tahitienne

1844 : Guerre franco-marocaine

1845-1848 : Opérations sur le Rio Parana (Argentine)

1849 : Première expédition de Rome (Etats pontificaux)

1851 : Bombardement de Salé (Maroc)

1853-1856 : Guerre de Crimée

1855-1863 : Pacification du Sénégal

1857 : Bombardement de Canton (Seconde guerre de l’opium)

1858 : Prise de Tianjin (Seconde guerre de l’opium)

1858-1862 : Campagne de Cochinchine

1859 : Campagne d’Italie

1859 : Expédition du Maroc

1860 : Expédition de Chine (Seconde guerre de l’opium)

1860-1861 : Expédition de Syrie

1862-1867 : Expédition du Mexique

1866 : Expédition de Corée

1867 : Seconde expédition de Rome (Etats pontificaux)

1873 : Première expédition du Tonkin

1881-1883 : Première expédition de Madagascar

1887-1889 : Campagne du Tonkin

1890 : Première guerre du Dahomey

1892-1894 : Seconde guerre du Dahomey

1893 : Guerre franco-siamoise

1900-1901 : Expédition de Chine

1920-1921 : Campagne de Cilicie

1925-1926 : Guerre du Rif

1932-1934 : Pacification du Maroc

1939-1945 : Seconde Guerre mondiale

1946-1954 : Guerre d’Indochine

1947-1948 : Pacification de Madagascar

1950-1953 : Guerre de Corée

1954-1962 : Guerre d’Algérie

1956 : Expédition de Suez

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